20 Jul 2026 01:07 | Compte rendu | Sciences techniques
Les enjeux de la surveillance intégrée des maladies émergentes, selon les Docteurs Aimé GOUNDOTE et Victor ALLANONTO
Dans le cadre de l’atelier de renforcement de capacités sur l’approche « One Health » organisé du 26 au 29 mai 2026 au siège du CNLS-TP, les participants ont suivi une session de formation consacrée à la « Surveillance et Gestion des maladies émergentes ». Cette communication technique a été assurée par le Dr Aimé GOUNDOTE et le Dr Victor ALLANONTO, devant un parterre d’acteurs intervenant dans les domaines de la santé humaine, animale et environnementale.
Cette session s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées autour de l’approche « One Health », qui préconise une collaboration renforcée entre les différents secteurs impliqués dans la prévention et la gestion des risques sanitaires. Les deux communicateurs ont rappelé que la majorité des maladies émergentes affectant l’être humain sont d’origine zoonotique, soulignant ainsi la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance intégrée. Les échanges ont porté en premier lieu sur le fonctionnement du Système de Surveillance Intégrée des Maladies et Riposte (SIMR), mis en œuvre au Bénin depuis 2003. Les formateurs ont expliqué que ce mécanisme est coordonné par la Direction de la Surveillance Épidémiologique et de la Riposte, sous la supervision de l’Agence Nationale des Soins de Santé Primaires, avec l’appui opérationnel du Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP). Selon les explications fournies au cours de la session, le SIMR permet d’assurer la surveillance continue de plusieurs maladies et événements de santé publique grâce à un dispositif articulé autour de la collecte, de l’analyse et de la transmission rapide des données sanitaires. Les communicateurs ont notamment présenté les outils numériques utilisés dans le cadre de l’e-surveillance, parmi lesquels figurent les plateformes DHIS2, ODK, Epi Info et EIOS, ainsi que différents tableaux de bord de suivi épidémiologique. Les participants ont également été entretenus sur les innovations introduites dans le système de surveillance, notamment l’automatisation des rapports épidémiologiques, la surveillance basée sur les événements et la surveillance communautaire. Les formateurs ont insisté sur l’importance de la formation en épidémiologie de terrain afin de renforcer les capacités d’alerte et de riposte au niveau national.
Le second volet de la communication a porté sur la surveillance zoosanitaire et la gestion des maladies animales transmissibles à l’homme. Le Dr Aimé GOUNDOTE et le Dr Victor ALLANONTO ont rappelé le rôle des différents acteurs impliqués dans la remontée des informations zoosanitaires, notamment les éleveurs, les vétérinaires, les agents des postes frontaliers, les commerçants d’animaux et les chasseurs. Les communicateurs ont évoqué les principales maladies animales à déclaration obligatoire ainsi que les risques liés aux zoonoses prioritaires. Parmi les menaces sanitaires citées figurent notamment la grippe aviaire, la rage et le charbon bactérien. Selon eux, ces maladies nécessitent une coopération étroite entre les services de santé humaine et animale afin de garantir une détection rapide et une réponse coordonnée.
Au cours des échanges, plusieurs défis liés à la surveillance sanitaire ont été identifiés. Les participants ont notamment relevé les contraintes relatives au financement durable des dispositifs de veille, aux difficultés logistiques sur le terrain, au transport sécurisé des échantillons biologiques ainsi qu’au besoin d’intégrer davantage la surveillance environnementale dans les mécanismes de prévention. Les deux experts ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des laboratoires nationaux et de consolider les équipes d’intervention rapide coordonnées par le COUSP afin d’améliorer les mécanismes de détection précoce des épidémies.
À travers cette session de formation, les organisateurs de l’atelier entendent promouvoir une surveillance sanitaire davantage intégrée, numérisée et multisectorielle, en cohérence avec les principes de l’approche « One Health » visant à prévenir les risques sanitaires à l’interface entre l’homme, l’animal et l’environnement.
Cel-Com / ANSALB