20 Jul 2026 01:07 | Compte rendu | Sciences techniques
RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS AU BÉNIN
Dr. Casimir Ernest KOUDJO alerte sur une menace sanitaire aux répercussions multisectorielles
La première journée de l’atelier de renforcement de capacités sur l’approche « One Health », organisé du 26 au 29 mai 2026 au siège du CNLS-TP à Cotonou, s’est achevée par une communication consacrée à la Résistance Aux Antimicrobiens (RAM). Cette session a été animée par le Dr. Tokpanou Casimir Ernest KOUDJO, également sociologue et cadre supérieur de santé publique.
À travers cette intervention, le communicateur a présenté les enjeux sanitaires, sociaux et environnementaux liés à la résistance aux antimicrobiens, considérée aujourd’hui comme l’une des préoccupations majeures de santé publique à l’échelle mondiale. Sa communication s’est inscrite dans la logique de l’approche « One Health », qui prône une gestion intégrée des questions sanitaires impliquant la santé humaine, animale et environnementale. D’entrée de jeu, le Dr Casimir Ernest KOUDJO a expliqué que la résistance aux antimicrobiens correspond à la capacité de certains micro-organismes à résister à l’action des traitements qui leur étaient auparavant efficaces. Selon lui, cette situation réduit progressivement l’efficacité des médicaments utilisés contre plusieurs infections, aussi bien chez l’homme que chez l’animal.
Au cours de son exposé, l’expert a mis en évidence plusieurs facteurs favorisant le développement et la propagation de cette résistance. Parmi ceux-ci figurent notamment l’automédication, l’usage inapproprié des antibiotiques, la surprescription médicale, la circulation de médicaments falsifiés ou de qualité inférieure ainsi que l’utilisation non contrôlée de produits vétérinaires et phytopharmaceutiques. Le communicateur a également attiré l’attention des participants sur les effets des pratiques humaines et des insuffisances réglementaires dans l’aggravation du phénomène. Il a souligné que certaines habitudes liées à la consommation des antibiotiques, tant dans le domaine médical que dans les secteurs de l’élevage et de l’agriculture, contribuent à accélérer la diffusion des résistances antimicrobiennes. Sur le plan sanitaire, le Dr. Casimir Ernest KOUDJO a évoqué plusieurs conséquences associées à la RAM, notamment les échecs thérapeutiques, l’allongement des durées d’hospitalisation, l’augmentation des coûts de prise en charge médicale ainsi que les pertes observées dans les élevages animaux. Selon lui, cette situation représente un défi majeur pour les systèmes de santé et nécessite une mobilisation collective des différents secteurs concernés.
Au cours des échanges, l’expert a insisté sur le caractère multisectoriel de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Il a rappelé que la réponse à cette menace ne peut se limiter au seul domaine médical, mais doit également intégrer les secteurs de la santé animale, de l’agriculture, de l’environnement, de la réglementation pharmaceutique et de la sensibilisation communautaire. Dans cette perspective, plusieurs pistes d’actions ont été évoquées au cours de la communication. Elles portent notamment sur le renforcement du Plan d’Action National Multisectoriel de lutte contre la RAM, l’amélioration des mesures de prévention et de contrôle des infections, l’encadrement plus strict de l’utilisation des antibiotiques, la promotion de la biosécurité dans les exploitations agricoles et d’élevage ainsi que la lutte contre la commercialisation des produits non homologués. Le Dr. Casimir Ernest KOUDJO a également appelé à une responsabilisation accrue des différents acteurs, qu’il s’agisse des professionnels de santé, des éleveurs, des producteurs agricoles ou des populations, afin de promouvoir une utilisation plus rationnelle des antimicrobiens.
À travers cette session, les organisateurs de l’atelier ont voulu renforcer les connaissances des participants sur les mécanismes de prévention et de gestion de la résistance aux antimicrobiens, dans un contexte marqué par l’émergence croissante de menaces sanitaires nécessitant une approche coordonnée et intégrée.
Cel-Com / ANSALB